Aujourd'hui je me suis réveillé d'excellente humeur. J'ai ouvert mes yeux et j'ai vu le plafond blanc immaculé de ma chambre. Des images circulaient dans ma tête comme des poissons dans une rivière transparente. Eh puis, sans que je me rende compte, une colère immense s'est emparée de tous mes membres. Cela faisait deux semaines que je ne me sentais pas à l'aise avec moi-même, vivant à la surface des choses, à la périphérie de l'essentiel. Un sentiment de solitude démesurée me saisissait. Il n'y a pas pire solitude que celle où nous sommes éloignés de nous même. De façon nostalgique je me souvenais d'une époque où tout était cohérent et simple, où je n'avais pas à me justifier de faire des choses que je ne voulais pas. Appelons cela la dépression. D'autres me dirons que ce n'en est pas une. Mais ce sentiment de culpabilité allié à celui d'impuissance qu'est-ce que cela peut-être, alors ?
Alors, voilà. Une façon de sortir de ce cercle dantesque, décrit ci-dessus, c'est lorsque l'on découvre l'origine du mal et par conséquent le moyen de le guérir. En ce qui me concerne j'ai toujours eu du mal à dire "non". Face aux arguments de la nécessité, de la peur etc j'ai toujours eu du mal à refuser. Ma bonne éducation aidant et ma haine du conflit, m'enferment, contre ma volonté, dans des situations que je n'ai pas choisies. Et à ce moment là je vis les angoisses de l'animal qu'un crocodile attire vers les eaux pour le noyer, de la bête traquée qui s'enfonce dans les marécages, ou de l'alpiniste qui tombe dans une crevasse. Autant s'autoproclamer roi d'un pays sans frontière que d'être incapable de dire non.
Quant on est en recherche d'emploi, on est faible. Il est plus difficile de dire non. Mais en même temps, notre société peut-elle fonctionner sur une partie de la population libre et une autre dissoute dans l'indifférencié, esclave de la nécessité et des ajustements conjoncturels? Non. La raison pour laquelle il y a des exclus et des insérés nous dépasse. N'essayons pas de voir une justice quelconque. C'est comme ça. Tentons de nous affirmer tous les jours un peu plus. Croyons que si nous sommes sur cette terre c'est bien pour réaliser un projet, quelque chose, une façon d'être nous...
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